
article Que Choisir nov.2005
L'article publié dans le magazine Que Choisir de nov. 2005 disait:
"Le Papier d'Arménie, "le plus ancien assainissant naturel" selon son étiquette, est peut-être naturel mais pas assainissant, écrivions-nous en décembre dernier (QCn°421), "il charge l'air de la pièce en formaldéhyde et émet du benzène."Il faisait donc partie des désodorisants d'intérieur fortement déconseillés. Piqué au vif, le fabriquant a fait faire ses propres mesures qu'il communique à ses clients. Ils apprennent donc que "les résultats sont tou à fait rassurants". Mais c'est faux. Les analyses du fabricant, comme les nôtres, prouvent qu'il existe un risque pour la santé. Une seule lamelle émet jusqu'à 8,8µg/m3 de benzèbe et 19,3µg/m3 de formaldéhyde, 2 substances cancerigènes. Le Conseil supérieur d'hygiène publique de France recommande de limiter la concentration en benzène à 2µg/m3 d'air maximum. Quand au formaldéhyde, il fait l'objet d'un seuil de 10µg/m3 sur 1/2h pour les populations sensibles."
Voilà! Comme quoi, pour assainir une pièce, on n'a rien inventé de mieux que...d'ouvrir la fenêtre!
Désodorisants d'intérieur : polluants d'ambiance (1/2)
"Les désodorisants d'intérieur sont à la mode, nos logements s'imprègnent de parfums permanents. Que cachent ces odeurs ? Que Choisir a analysé leurs émissions. Voyage au pays des produits cancérigènes ou allergisants. "
(...)
Naturel et nocif
Il n'est pas question de reprocher à ces aérosols, bougies, gels, liquides ou diffuseurs électriques de dégager des odeurs puisque c'est leur raison d'être. En revanche, nous pénalisons ceux qui les produisent en relarguant des molécules dangereuses ou dommageables pour la santé des occupants. Des diffuseurs standards à ceux qu'on branche sur une prise électrique en passant par les désodorisants labellisés bio, l'encens traditionnel ou les bougies odorantes, tous les moyens de parfumer sa maison ont été passés au crible.
Premier constat, qui va à l'encontre de bien des idées reçues, les adeptes du naturel ont tout faux. Brûler de l'encens, c'est à peu près comme respirer au plus près d'un pot d'échappement. Les jolis bâtonnets estampillés Ushuaïa fleur de vanille ou les Monoprix bleu d'évasion figuier des cyclades rejettent un hydrocarbure aromatique dangereux, le benzène, du formaldéhyde, un gaz à la fois très irritant et cancérigène, ainsi que des phtalates, suspectés de perturber le système hormonal, à des teneurs très élevées. Encore pire que l'encens Monoprix, l'Ushuaïa est un redoutable concentré de toxiques avec des émanations qui atteignent 221 µg/m3 d'air pour le benzène, 125 µg/m3 pour le diethylphtalate et 69 µg/m3 pour le formaldéhyde. Avec de telles teneurs dans l'air ambiant, respirer s'avère dangereux pour la santé.
Quant au Papier d'Arménie, «le plus ancien assainissant naturel» selon son étiquette, il est peut-être naturel mais sûrement pas assainissant. Il charge l'air de la pièce en formaldéhyde et émet du benzène. Le risque sanitaire existe, même s'il est sans commune mesure avec celui des encens.
Achetés dans des magasins bio, les deux autres désodorisants naturels s'en tirent sans honte mais sans brio. «Respirez la nature», clame le diffuseur d'arôme orange douce de Florame, «l'excellence bio» en direct du très chic village de Saint-Rémy-de-Provence (13). Le propos n'est en rien mensonger puisque nous le pénalisons pour ses fortes émissions de limonène, un constituant tout à fait naturel du citron. Ce diffuseur possède néanmoins un pouvoir irritant et allergisant sérieux aux teneurs que notre laboratoire a mesurées (911µg/m3 d'air). Florame devrait donc se garder de parler «d'atout pour votre bien-être». L'autre désodorisant bio, l'aérosol assainissant Phytaromasol aux essences de plantes, affiche lui aussi des prétentions louables : «Cuisine, chambre d'enfant [...], une à deux pulvérisations suffisent pour respirer un air sain et vivifiant.» Mais, là encore, un air qui se charge en limonène à raison de 675µg/m3 ne peut être qualifié de sain. En revanche, ces deux produits naturels ne contiennent ni substances cancérigènes ni perturbateurs endocriniens. En dépit de leur caractère allergisant, ce risque apparaît presque comme un moindre mal face à de nombreux autres désodorisants. (...)
Sachant ça, je vous laisse imaginer à quel point les désodorisants en prise,
en spray etc. sont nocifs ! :(




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